Le ciel silencieux au fond de moi plongeait.
Soudain, devant mes yeux, l’ombre mystérieuse
D’un inconnu surgit. Sa forme harmonieuse
Ravive en mon esprit un souvenir que j’ai.
Je m’imagine alors, corps tendu comme un arc,
Mon amant d’autrefois, ami de Michel Ange
Dont le corps d’ambre blond, et le visage d’ange
Me hantent chaque nuit. Je le suis dans le parc.
C’est bien lui ! Quel bonheur ! Mon amour, mon grand maître
Va s’élancer vers moi... Mais son trop long silence
Résonne comme un glas, terrible indifférence,
Et son regard éteint ne daigne pas paraître
Se souvenir de moi. Vitriol, à mon aide,
Sculpte lui le portrait de son âme si laide.
Messages de forum
1. Sonnet à un passant, 5 octobre 2011, 11:47, par Daniel BILOUS
Cher auteur,
Je suis peut-être tatillon, mais je vous signale que le v. 14 :
"Je veux du vitriol pour le faire disparaître."
compte 13 syllabes : impossible, en effet, d’élider le -e de "faire", car il est devant le d- de "disparaître", et de toutes façons Baudelaire ne se donne jamais cette licence-là. Vous pourriez récrire :
"Je veux du vitriol pour le voir disparaître."
Pastichiellement vôtre,
Daniel Bilous
1. Sonnet à un passant, 5 octobre 2011, 19:12, par Franck Garot
Vous avez absolument raison : ce vers comportait 13 syllabes. Tout comme le premier.
Je viens de mettre en ligne la version finale qui corrige ces deux problèmes, ainsi qu’une erreur de rime qui a nécessité de modifier le dernier tercet.
J’avais cette version en attente depuis des jours. Mea culpa.
Merci pour votre visite, en espérant vous revoir par ici. Lundi, par exemple, pour me signaler si je n’amoche pas trop ce cher Verlaine (vous y lirez aussi Rimbaud revisité à la manière de l’Oulipo, licence prosodique incluse pour le coup) .
2. Sonnet à un passant, 17 octobre 2011, 18:41, par Ma
Un homme un soir
Dans les ombres d’un parc
Mais l’amour
S’évapore
Dans le beau de l’air...